§ Ce qui est proposé
Le Québec a adopté trois lois sur la laïcité, chacune élargissant progressivement les restrictions sur les travailleur·euse·s et le public : le projet de loi 21 (2019) interdisait les symboles religieux aux employé·e·s du secteur public en position d'autorité et est maintenant devant la Cour suprême. Le projet de loi 94 (2025) a étendu l'interdiction à tous les employé·e·s d'école qui interagissent avec les élèves et a interdit aux élèves de porter des couvre-visages. Le projet de loi 9 (« Laïcité 2.0 », adopté en avril 2026) a étendu l'interdiction aux travailleur·euse·s des garderies subventionnées, retiré les salles de prière des cégeps et universités, restreint la prière publique en groupe et interdit aux institutions publiques d'offrir des repas basés sur une seule tradition religieuse. Les trois invoquent préventivement la clause nonobstant.
§ Notre position
- 01L'objectif légitime de la laïcité est la neutralité religieuse de l'État — ses institutions, ses lois, ses décisions. C'est fondamentalement différent de contrôler ce que les individus portent au travail.
- 02L'impact réel du projet de loi 21 pèse de manière disproportionnée sur les femmes musulmanes qui portent le hijab — les poussant hors de l'enseignement, des carrières de la fonction publique et, de plus en plus, du travail en garderie. C'est un effet discriminatoire, même s'il n'est pas l'intention déclarée.
- 03Nous abrogerons le projet de loi 9 et le projet de loi 94 dans leur intégralité une fois au pouvoir. Nous attendrons la décision de la Cour suprême sur le projet de loi 21. Si la Cour le frappe, nous n'utiliserons pas la clause nonobstant pour le réinstaurer. Si la Cour le maintient, nous abrogerons les dispositions concernant l'enseignement par législation ordinaire.
- 04Nous retirerons les crucifix restants des espaces publics, complétant le travail amorcé en 2019. Un État véritablement laïque n'affiche pas de symboles religieux d'aucune foi — y compris la foi majoritaire.
- 05Alternative Québec s'engage, comme principe contraignant du parti, à ne jamais invoquer préventivement la clause nonobstant. Nous l'utiliserons uniquement dans de véritables urgences constitutionnelles, jamais comme outil de routine pour soustraire la législation à l'examen des droits.
§ Là où nous sommes d'accord
Nous sommes d'accord pour dire que les institutions publiques devraient être religieusement neutres. Nous sommes d'accord pour dire que l'État ne devrait pas subventionner l'enseignement religieux dans les écoles publiques. Nous sommes d'accord pour dire que les couvre-visages devraient être retirés lors d'interactions où la sécurité l'exige. Le désaccord ne porte pas sur la laïcité — il porte sur la façon de l'atteindre sans en faire payer le coût aux femmes minoritaires.
