Tu aimes le Québec. Sa langue, sa culture, sa manière d'être au monde. Mais on t'a toujours dit que pour aimer le Québec, il fallait vouloir le sortir du Canada — et ça, tu n'as jamais réussi à le vouloir.
Pas parce que tu manques de courage. Parce que tu sais sur quelles terres on vit : des terres autochtones jamais cédées. Parce que tu as vu l'indépendance servir de prétexte pour décider qui est « un vrai Québécois » et qui ne l'est pas — et que les premiers visés, c'est toujours les immigrant·es, les personnes racisées, celles et ceux qui sont arrivés « trop tard ».
La politique québécoise t'offre deux camps. D'un côté, des souverainistes qui font de la nation un club fermé. De l'autre, des fédéralistes prêts à tout brader pourvu que les affaires roulent. Et toi, tu n'es ni l'un ni l'autre. Tu es de gauche. Tu crois à la justice sociale, à la dignité du travail, à un État qui protège au lieu d'abandonner. Et tu n'as nulle part où aller.
Nous non plus, on n'avait nulle part où aller. Alors on bâtit l'endroit.
L'autodétermination par l'union, pas par l'isolement.
Alternative Québec, c'est l'idée qu'on peut décider de notre avenir sans se couper du monde. Un Québec qui s'appartient, ouvert sur le monde. Un Québec où parler français, c'est une invitation, pas un test.
On veut un Québec où personne n'a à choisir entre payer son loyer et se nourrir. Où l'école publique est si bonne que les écoles privées deviennent inutiles. Où les soins, le logement et l'éducation ne sont pas des privilèges, mais des droits. Où une fille ne manque jamais l'école faute de produits d'hygiène. Où on appelle les choses par leur nom — même quand c'est inconfortable, même quand c'est un génocide.
On ne te mentira pas : ça n'existe pas encore. Pas vraiment. On ne se présente pas en 2026 — on vise 2030, parce qu'on veut bâtir quelque chose de solide, pas un feu de paille. On est au tout début. On est peu. Et c'est exactement pour ça qu'on a besoin de toi.
Si en lisant ça tu t'es reconnu·e — si tu t'es dit « ça fait des années que je pense comme ça et que je me croyais seul·e » — alors tu n'es pas seul·e. On est là. Écris-nous. Viens t'asseoir avec nous. On a un parti à bâtir, et on ne peut pas le faire sans toi.
