§ La situation
Le Québec, c'est une nation, et les nations ont une politique étrangère. Le gouvernement du Québec se représente à l'étranger sur le commerce, la culture et l'immigration. Il se représente aussi sur le climat, les droits humains et la solidarité internationale. Sur les trois derniers, il a été silencieux quand il aurait dû parler fort. Quand un génocide se déroule à Gaza, une politique étrangère sérieuse le nomme. Quand un pays est détruit par les changements climatiques qu'on a aidé à causer, une politique étrangère sérieuse reconnaît la dette. Quand un gouvernement ami comme Haïti est déstabilisé par les interventions combinées des grandes puissances, une politique étrangère sérieuse résiste au lieu de collaborer. Le silence, c'est une position aussi, et il a des conséquences.
§ Ce qu'on va faire
- 01Augmenter le budget de l'aide internationale de solidarité du Québec à 0,7 % du PIB, la cible de longue date de l'ONU.
- 02Adopter des sanctions et des interdictions d'approvisionnement propres au Québec sur les gouvernements et les entreprises crédiblement accusés de violations graves du droit international humanitaire, incluant ceux qui sont complices de la guerre en Ukraine et du génocide à Gaza.
- 03Diriger la Caisse de dépôt et placement du Québec et le Fonds patrimonial vert pour se désinvestir des entreprises matériellement impliquées dans l'occupation, la colonisation illégale, l'expansion des combustibles fossiles et les armes vendues à des auteurs crédiblement accusés de crimes de guerre.
- 04Accueillir un nombre substantiel de réfugié·e·s des zones de conflit actif (Ukrainien·ne·s, Palestinien·ne·s, Syrien·ne·s, Afghan·e·s, Soudanais·es et d'autres) avec un soutien stable à la réinstallation.
- 05Rejeter toute politique qui présente les discours haineux comme un discours protégé. La liberté d'expression, c'est le droit de dire la vérité au pouvoir; c'est pas une licence pour inciter à la violence contre des personnes vulnérables.
- 06Renforcer les relations diplomatiques du Québec avec l'Afrique francophone et les Caraïbes sur la base d'un partenariat égal.
- 07Soutenir, matériellement et politiquement, la société civile et les défenseur·euse·s des droits humains dans les pays où iels sont à risque.
§ Ce que ça donne ailleurs
Le mouvement international anti-apartheid (incluant le désinvestissement par les universités, les caisses de retraite provinciales et les municipalités) a été instrumental à la fin de l'apartheid sud-africain. La Norvège combine un généreux budget d'aide (au-dessus de 1 % du PIB) avec un filtrage éthique soutenu de son fonds national d'investissement. L'histoire propre du Québec, de la Délégation générale du Québec à Paris (1961) au leadership dans les sommets francophones, démontre qu'une province peut jouer un rôle international significatif quand elle choisit de le faire.
§ Comment on paierait ça
Déployé progressivement jusqu'à 0,7 % du PIB sur deux mandats. Premier mandat : ~2 G$ / an (l'équivalent d'environ 0,3 % du PIB), qui atteint la pleine cible de 0,7 % (≈ 4–5 G$ / an) d'ici la fin du mandat 2. Expansion du réseau diplomatique : ≈ 50–80 M$ / an. Sanctions et désinvestissement sont neutres à positifs nets (ils redirigent l'activité économique). Financé par la croissance des revenus généraux à mesure que l'assiette fiscale s'élargit grâce aux mesures économiques du programme.
§ Notre calendrier
Trajectoire d'aide à la solidarité : publiée année 1, qui atteint 0,7 % en dix ans. Législation sur les sanctions et l'approvisionnement : année 1. Directive de désinvestissement émise année 1, pleinement mise en œuvre dans les trois ans. Expansion du programme de réfugié·e·s : année 1.
